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Abidjan mérite t-il encore ses taxis ? - 27/11/2013 @ 23h37 - Abidjan

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Pour ceux qui ont connu Abidjan vers la fin des années 90, les transports en taxi - compteur était d’une autre dimension dont on se souvient encore du luxe, certainement à cause de l’environnement apaisé des affaires dans leur ensemble.

D’abord, Les taxis-compteurs étaient tous acquis neufs chez les concessionnaires avec des facilités de crédit consentis par des sociétés de crédit – bail qui avaient pignon sur rue en Cote d’Ivoire à l’époque. La concurrence dans le milieu des transports en taxi-compteur étaient bien visible. Elle s’illustrait par la propreté des taxis qui flambaient neuf, mais aussi par la variété de marques et leurs sobriquets qui paradaient dans les rues d’Abidjan. Ainsi pouvaient-on lire Awulaba sur les taxi-compteurs de marque Mitsubishi Lancer, AX estampillé en grand caractère sur les taxi-compteurs de marque Citroën AX, ainsi que ZX sur le modèle ZX. L’effet de mode faisait son chemin avec la succession des modèles de marques de taxi-compteurs dans les rues d’Abidjan, maquillés d’un rouge vermillon qui les caractérisaient.

Aussi, La fiabilité des normes de taxation des compteurs ne laissait aucun doute dans l’opinion des usagers, à tel point que les marchandages pour payer des forfaits d’un point à un autre étaient rares. Mieux, la double-tarification qui s’appliquait aux noctambules après minuit souffrait rarement de marchandages, tellement la confiance régnait entre le taximètre abidjanais et les clients.

En somme, Autant les minicars communément appelés gbaka faisaient la fierté des ivoiriens par leur excellent état de véhicules neufs et leur organisation exemplaire, autant les taxis-compteurs d’Abidjan remplissaient en bonne partie leur contrat avec les usagers. Malheureusement, la décennie dernière a laissé une autre réalité dont les abidjanais héritent aujourd’hui avec amertume, déception et impuissance.

L’avènement de la libéralisation des importations des véhicules de seconde main a occasionné un bouleversement de la tendance des transports publics en Cote d’ Ivoire et particulièrement, à Abidjan. Les véhicules neufs jadis acquis avec crédit-bail ont fait place à des véhicules usagers importés d’Europe, dont personne n’accepterait de prendre le risque de pronostiquer ni sur la durée de vie, ni sur la fiabilité en termes de sécurité routière. Chaque semaine, des centaines de véhicules de toutes marques débarquent au port d’Abidjan avec en toile, des projets d’adaptation en taxis – compteurs ou en taxi – intercommunaux appelés WARREN. Les règles d’exploitation semblent échapper à toute autorité et les taxis-compteurs continuent d’imposer leurs lois aux usagers abidjanais.

A pratiquer la même distance à plusieurs reprises dans différents taxis – compteurs, l’on pourrait se demander l’origine des compteurs installés dans les taxis abidjanais, et quelle autorité les valident en amont et les contrôlent fréquemment en aval, tellement la différence des taxations est grande. Les chauffeurs de taxis questionnés à ce sujet se défendent sans gêne en relevant l’instabilité des prix du carburant à la pompe. Conséquence, l’usager abidjanais ne fait plus confiance à son taximètre. Il préfère négocier un forfait avant de se déplacer en taxi - compteur. Finalement, le compteur assorti d’une antenne et aussi aussi appelé « taximètre » ne sert plus qu’à orner les véhicules qui bénéficient encore de la dénomination de taxi - compteur.

Pis, les taxis – compteurs d’Abidjan n’affichent plus le prestige d’entant. Crasseux et fumant pour la plupart, il est devenu commun de voir plusieurs taxis – compteurs en panne sur son trajet entre une commune et une autre. La négligence de la maintenance préventive laisse des traces ça et là. Des cardans déboités, des pneus crevés sans secours d’évacuation rapide des artères principales, etc.

Enfin, la probité douteuse de certains chauffeurs de taxis qui abusent de leurs clients par des moyens peu catholiques illustrent davantage la précarité des transports en taxi – compteurs à Abidjan. Plus d’un client ont porté plainte dans les commissariats de police d’Abidjan pour des attaques qu’ils auraient subi par leurs transporteurs qui se trouvent être des chauffeurs de taxis – compteurs. Ce qui est dommage, c’est la difficulté à traquer ces mauvais grains faute de système de parrainage des taxis – compteurs d’Abidjan par des consortiums enrôlés par la hiérarchie. Tout individu peut à tout moment mettre un taxi compteur dans la circulation sans grande garantie de caution sécuritaire. L’affiliation à la Mutuelle des Agents de Taxis Compteurs d’Abidjan, MATCA, ou à toute autre organisation syndicale n’a de motif apparent que pour des raisons pécuniaires à ce jour.

En attendant les klaxons de l’émergence 2020, Abidjan souffre terriblement de ses taxis – compteurs. Le manque d’organisation dans le secteur des transports digne des ambitions de la capitale ivoirienne, l’état piteux des véhicules et la précarité de la sécurité des usagers sont des indices à corriger pour tout au moins renouer d’avec le prestige perdu.

[ Posté par : Héron | Top ]

 
 
 
 
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